La Maison Shalom ONG

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La Maison Shalom se réinvente continuellement

La signature des accords de paix d'Arusha en 2000 marque la fin officielle des temps de guerre au Burundi. Elle lance également le long chemin vers la reconstruction et la guérison. A l'époque, le climat politique était plein d'espoir et l'avenir s'annonçait meilleur. La priorité est désormais la reconstruction d'une nation déchirée. Un contexte différent qui change également la mission de la Maison Shalom. Très rapidement, l'ONG s'adapte aux nouveaux objectifs du pays.

Cela se retrouve dans la mission première de la Maison Shalom : le soutien aux orphelins et autres enfants vulnérables. Malgré les besoins et la pression, elle a toujours évité de créer une dépendance de l'enfant avec le centre d'accueil. Dès les premiers instants de la prise en charge, la Maison Shalom a pour principe de lancer le processus de recherche familiale. Quand la famille est retrouvée, l’enfant est réintégré dans le tissu social existant, à savoir sa famille et sa communauté.

La Maison Shalom est consciente que les centres d’accueil ou les orphelinats constituent un dernier recours en matière de protection des droits de l’enfant. La famille constitue l’unité fondamentale de la société burundaise. Elle représente le cadre naturel le plus adapté à favoriser le développement d’une personnalité équilibrée chez l’enfant.

Commencées à petite échelle pendant la guerre, réinsertions et  réintégrations des enfants sont aujourd'hui devenues l'une des activités principales de la Maison Shalom. Grâce aux efforts de recherche constante, elle a réussi à localiser le lieu de résidence des familles de pratiquement tous les enfants soutenus.

Mais réinsérer ne signifie pas abandonner. Assurer un soutien aux familles est essentiel pour que le processus aboutisse. Cette aide dans le temps est essentielle pour rendre stable et stimulant l'environnement qui accueille les enfants. Pour augmenter ses chances de réussite, la Maison Shalom a également engagé les structures communautaires locales dans ses programmes de réinsertion, comme les associations de parents et enseignants, les conseils communautaires, les groupes scolaires communautaires, les comités de protection des droits de l’enfant au niveau local. Elle a également lancé une observation destinée à identifier les leaders des communautés locales. Ces personnalités sont ensuite sensibilisées à agir comme ambassadeurs locaux des droits de l’enfant. Cette action est soutenue et contrôlée par des assistants sociaux et des psychologues. Ceux-ci se rendent dans les communautés et travaillent directement avec les enfants et leurs familles.

Vers une approche communautaire

Les motivations de la Maison Shalom à travailler avec les structures communautaires (associations parents, associations d’écoles, enfants qui éduquent d’autres enfants) sont multiples :

  • Celles-ci sont ancrées dans la communauté. Elles représentent un gage de stabilité ;
  • Elles expriment les besoins réels, plus durables ;
  • Etant dans la communauté, elles sont mieux placées pour pérenniser les œuvres de la Maison Shalom ;
  • Elles facilitent le travail de suivi des psychologues et assistants sociaux qui travaillent avec les familles en  les informant régulièrement de la situation des enfants dans la communauté.

Cette approche engendre une stratégie durable qui établit un lien entre le travail humanitaire et le développement dans une mission intégrée. D'une part, la Maison Shalom soutient les besoins fondamentaux en semences agricoles, en matériel scolaire, ou même, en situation d'urgence, les besoins des ménages, permettant ainsi aux familles et aux communautés de se retomber sur leurs pieds. D'autre part, ce processus est accompagné d'efforts ciblés pour développer la communauté à travers des activités génératrices de revenus, tels que :

  • la construction de maisons pour familles sans abri,
  • l'appui aux associations d’agriculteurs par des formations sur les techniques agricoles modernes, des semences et matériel agricole,
  • la formation professionnelle pour les jeunes en différents métiers avec un kit de démarrage à la fin de la formation,
  • l'octroi de capital de démarrage pour les jeunes motivés à faire le petit commerce, etc.

C’est dans cet esprit de développement intégré que la Maison Shalom devient officiellement en 2002 une Association Sans But Lucratif (ASBL) dotée d’un statut légal. Dès lors, les activités de la Maison Shalom ont considérablement évolué, suivant ainsi les besoins des enfants du Burundi dans un contexte post-conflit.

En 2005, par exemple, elle ouvre Amani House (Amani = paix en Swahili) à Bujumbura, pour fournir un centre d’écoute et soutien destiné aux nombreux enfants de la rue de la capitale, mais également, pour mieux comprendre ce phénomène et soutenir la réinsertion de ce groupe marginalisé dans la société.

En janvier 2008, la Maison Shalom lance officiellement les activités du Centre Hospitalier « REMA » qui comprend le Centre de Protection de la Mère et de l’Enfant, l’Hôpital REMA et l’Ecole Paramédicale St. Michel (EPM St. Michel). La Mission principale de ce dernier est de prodiguer des soins de santé de qualité à tous, surtout aux plus démunis. Inspirée par le principe « La santé est un droit et non un privilège », la Maison Shalom a décidé d’implanter cet hôpital a Ruyigi, là où la population est extrêmement pauvre. L’EPM St. Michel a pour mission de répondre au manque criant d’infirmiers compétents.

En 2009, la garderie d’enfants à Nyamutobo se transforme en une école avec un enseignement préscolaire et primaire de qualité avec la collaboration de certains parents habitants à Ruyigi. Elle est actuellement nommée Ecole Internationale en accord avec son programme de formation qui s’inspire des programmes d’autres écoles d’élite situées à Bujumbura. En plus de l’enseignement préscolaire et primaire, l’Ecole évolue vers l’enseignement secondaire.

En 2010, la Maison Shalom a lancé le projet « Main Tendue à l’Enfance ». Celui-ci s'adresse à une autre catégorie d'enfants défavorisés. Il vise à faire libérer, puis à réintégrer les enfants mineurs en prison.

En juin 2012, un programme de microfinance, « ITEKA Microfinance » démarre ses activités. La mission de ce programme est de redonner la dignité (dignité : iteka en kirundi) aux familles qui croupissent dans la misère en les organisant pour  travailler en associations et en leur octroyant des microcrédits pour soutenir leurs initiatives de développement.

D’ici la fin de l’année 2012, les activités de l’Union des Coopératives de Production « GIRUBUNTU » (UCP « GIRUBUNTU ») auront déjà commencé. La redynamisation des coopératives déjà existantes et la formation de la population de Ruyigi, Cankuzo et Rutana sur la création et la gestion de coopératives sont déjà en cours. 

Le programme UCP « GIRUBUNTU » encadrera les coopératives et leur fournira des intrants agricoles et différents produits pour l’élevage et ITEKA Microfinance donnera des microcrédits agricoles ou d’élevage aux membres des coopératives pour se procurer des intrants.

Le but ultime de ces 2 programmes, ITEKA Microfinance et UCP « GIRUBUNTU » est d’impulser et de soutenir un mouvement de relèvement communautaire, éradiquer la dépendance à l’aide alimentaire, relever le niveau socio-économique de la région du Centre-Est, quitte à leur permettre de se faire soigner, envoyer leurs enfants dans des meilleures écoles sans tendre la main à l’Etat ou aux bienfaiteurs humanitaires.

Voilà comment l’œuvre Maison Shalom va bien au-delà de l’encadrement des OEV. Elle met tout en œuvre pour créer un environnement communautaire qui garantit le respect de tous les droits de l’enfant tout en favorisant son épanouissement intégral.