Main tendue aux enfants

Printer-friendly version

Libérer et réinsérer les mineurs en conflit avec la loi

Le projet « Main tendue aux enfants » est une initiative lancée en janvier 2010 par la Maison Shalom. Sa mission est de favoriser la libération, puis la réinsertion dans la communauté des enfants mineurs ayant été incarcérés au Burundi. Régulièrement, les mineurs en conflit avec la loi restent emprisonnés durant des années, et ceci bien que leur peine soit terminée, passent des mois voire des années en prison sans comparaître ou encore passent des semaines encore en prison alors qu’ils ont été déjà acquittés. Leurs familles souvent trop démunies, n'ont aucun moyen de faire valoir leurs droits à recouvrer la liberté et restent incarcérés illégalement. Parfois aussi, les enfants naissent en prison. Autre cas de figure : leurs mères sont incarcérées. Si personne à l'extérieur ne peut s'occuper de ces enfants, ils n'ont d'autre possibilité que de la rejoindre en cellule et d'y grandir.

Les enfants visés par ce projet se divisent donc en deux catégories : les mineurs en conflit avec la loi, et les enfants nés en prison. En accord avec l’Etat et le Ministère de Justice, la Maison Shalom organise des visites dans les pénitenciers du pays pour identifier les enfants dans cette situation. Depuis 2010 au mois de juillet 2012, 246 mineurs ont étés libérés et 36 nourrissons retirés des différentes prisons du pays et réinsérés dans les familles.  Les juristes et des assistants sociaux de la Maison Shalom se rendent régulièrement dans les prisons. Les entretiens avec les mineurs en prison permettent d'explorer les antécédents de leurs incarcération, leur situation en prison, leur besoin en assistance matérielle, juridique ou judiciaire. Ces entretiens visent également à sensibiliser les jeunes au respect de l’ordre social une fois libérés pour éviter de se retrouver sous les verrous.

Après la libération, ces mineurs sont réintégrés dans leurs familles. Cette réinsertion est précédée par des visites de leurs familles. Au cours de ces visites, la famille et la communauté proche de l’enfant sont aussi sensibilisées à la nécessité de ne pas stigmatiser le jeune et à l'importance de le considérer comme un enfant et non comme un criminel. Les familles reçoivent un soutien de la Maison Shalom, par exemple sous forme de vivres ou d'un soutien financier pour les frais scolaires. Si le mineur est trop âgé pour rejoindre l'école, il est placé dans une école des métiers.

Une fois les enfants libérés et placés, la Maison Shalom organise régulièrement des visites de suivi, afin de s'assurer que la réinsertion se déroule bien et que l'enfant et sa famille ne manquent de rien.

Les nourrissons qui sont retirés des prisons sont bien entretenus dans les différents centres d’accueil de la Maison Shalom à Ruyigi, Bujumbura et Ngozi en attendant la libération de leurs mamans. Une fois libérées, les mamans récupèrent leurs enfants et rentrent avec eux. Avec la célébration du cinquantenaire, le président de la République du Burundi a gracié les prisonniers qui remplissaient certaines conditions. Dans ce cadre, 13 mamans incarcérées et dont les enfants étaient à la Maison Shalom ont été libérées et ont par conséquent repris leurs enfants. Cela a été fait en accord avec la philosophie de la Maison Shalom, que chaque enfant doit grandir dans la famille.   


Rapport sur la réinsertion sociale des mineurs en conflit avec la loi 2010/2011

La Grande-Duchesse du Luxembourg s'engage activement pour la libération et la réinsertion des mineurs en conflit avec la loi

 
Le "Projet de la Main Tendue à l'enfance" est né suite à la visite de S.A.R. la Grande-Duchesse, Eminent Défenseur des Enfants de l'Unicef, au Burundi fin mai début juin 2009. A la sortie de la prison Mpimba à Bujumbura, la Présidente de la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse a déclaré vouloir venir en aide aux enfants et aux jeunes détenus dans les différentes prisons du pays. Après plusieurs mois de préparation au Luxembourg comme au Burundi, le projet a été
conjointement lancé par Maggy Barankitse et la Grande-Duchesse Maria Teresa fin janvier 2010 au Palais grand-ducal. Les partenaires de ce programme pluriannuel, financé entièremenent par la Fondation de Leurs Altesses Royales, sont la Maison Shalom, la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse ainsi que les ONGs luxembourgeoises Fondation Bridderlech Deelen et Christian Solidarity International asbl.
 
Pour en savoir plus sur le projet et la Fondation du Grand-Duc et de la Grande-Duchesse: www.fondation-grand-ducale.lu