Bujumbura gèle les comptes de la Maison Shalom

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Bujumbura gèle les comptes de la Maison Shalom

Le Gouvernement du Burundi vient de bloquer les comptes de la Maison Shalom Burundi par la lettre que Valentin Bagorikunda, procureur général de la République vient d’adresser aux Banques burundaises ce mercredi 04 novembre 2015. 
Genèse des faits
Depuis les débuts de la crise qui secoue le Burundi, la Maison Shalom a été confondue avec les autres organisations burundaises de la société civile qui sont contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Ceci par le fait que :
-  Personnellement, Marguerite Barankitse (présidente de la Maison Shalom) n’avait pas été pour les modifications de la constitution nationale et le non respect des accords d’Arusha et donc à ce troisième mandat.
Pendant les manifestations appelées par certains partis politiques, les journalistes et les membres de la société civile, la Maison Shalom a continué son travail d’assistance aux vulnérables, surtout dans la protection des droits des enfants.
Pendant que la police réprimait violement et tuait les enfants et les adultes, la Maison Shalom contribuait dans l’enterrement et l’encadrement moral des familles éprouvées, contribuait dans les soins de santé, jusqu’à l’évacuation à l’étranger des blessés et assistait juridiquement les enfants arrêtés et emprisonnés.

 

- Le 20 avril, après avoir constaté que les enfants sont utilisés comme bouclier humain et tués sans pitié, la Maison Shalom a sorti conjointement avec une autre organisation de même vocation un communiqué condamnant toute implication des enfants dans les parties en conflit, demandant aussi les parents d’en empêcher leurs enfants.

 

La Maison Shalom n’a fait que son travail et n’a jamais changé d’orientation de ses vision et mission.

 

 Début des menaces

Depuis le coup d’Etat raté au mois de mai dernier, Marguerite Barankitse, présidente de la Maison Shalom est mise sur la liste des putschistes,  elle figure sur la liste des personnes dangereuses pour le pays et son mandat d’arrêt est émis. Heureusement, elle s’est cachée et est restée en sécurité tout un mois avant son exil.

Depuis ce moment, les employés de la Maison Shalom sont menacés, et certains d’entre eux sont accusés à tort et à travers d’avoir participé aux manifestations contre le troisième mandat de Peter, d’avoir nourri les manifestants contre le pouvoir, de les avoir financés et d’avoir participé dans l’organisation du coup d’Etat.  D’autres sont accusés de servir de transmissions de financements en provenance des européens aux rebelles dans le pays, les autre de servir de personnes de contact entre les rebelles et la diaspora, d’autres de transporter les armes à bord des véhicules de service…Les ménages de certains employés sont fouillés très fréquemment, certains ont même été emprisonnés. Certains d’entre eux n’auront pas d’autre choix que de fuir avant que les choses ne s’empirent.

Nos équipes sur terrains sont menacées par les administratifs (ancien gouverneur de Rutana) et même la population est appelée à boycotter certaines de nos activités par les autorités de base de certaines communes où la Maison Shalom intervient. Avisés de cette délicatesse de la situation, les employés de la Maison Shalom sont appelés régulièrement à faire preuve de retenue et à être prudent ceci jusque mercredi dernier, quand le gouvernement du Burundi décide de fermer les activités de la Maison Shalom par le blocage de ses comptes. 

 Le blocage des fonds

Les choses ont continué à s’empirer jusqu'à ce que ce mercredi, 04 novembre, les banques informes les services des finances de la Maison Shalom que tous les comptes sont bloqués par l’ordre du procureur général de la République.

Conséquences (à titre indicatif) : Les conséquences de ce blocage de fonds seront directement manifestées au niveau des populations et précisement dans la communauté bénéficiaire, des provinces Ruyigi, Rutana et Cankuzo :

 

Education, social et Culture

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289 ménages (1324 personnes) se retrouvent sans revenu mensuel

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935 enfants accompagnées dans la communauté

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754 enfants sous complément nutritionnel ou vivant avec le VIH

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2872 enfants réinsérés et suivis à l’école

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99 enfants emprisonnés bénéficiant d’une assistance de la Maison Shalom

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265 enfants de l’école internationale

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123 élèves de l’Ecole Paramédicale

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la bibliothèque, la piscine et le Cinéma des Anges accueillent plus de 6000 personnes par an

Santé

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09 bébés sont actuellement dans les couveuses,

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05 mamans en attente d’accouchement,

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plusieurs malades sont dans un état grave, sous oxygène, en besoin de transfusion sanguine, maladies graves sur grossesse, autres urgences chirurgicales,

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2500 femmes et enfants pris en charge au Centre de Protection Maternelle et infantile mensuellement,

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1167 en moyenne des consultations mensuelles

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12 césariennes en moyenne par mois,

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182 hospitalisations par mois

Développement communautaire

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plus de 10.000 ménages (au moins 42.000 personnes) encadrés dans les coopératives agricoles,

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plus de 9200 ménages (au moins 37.000 personnes) ayant bénéficié des crédits de Iteka Microfinance

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